HOMMAGE(S) au(x) PERE(S) PRESENT(S)

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Quand pères et fils passent ainsi de longues heures côte à côte – chose qui, même de nos jours se produit encore – on peut dire qu’une substance quasi-nutritive est transmise d’un corps à l’autre – en l’occurrence du vieux corps au jeune corps. Les penseurs contemporains s’évertuent à décrire l’échange père-fils en termes d’identification ou de mimétisme comportemental, mais je crois pour ma part que quelque chose est échangé sur un plan purement biologique, un peu comme si une substance passait directement de cellules du père à celles du fils. (…)
 
Lentement, au fil des mois ou des années, les cordes qui font vibrer la chair du fils commencent à résonner à l’émission d’un corps masculin plus âgé qui est à la fois rugueux et exigeant, plein d’humour et prompt à s’irriter, irrévérencieux, impatient et imbu de ses opinions, épris de silence et enclin à aller de l’avant. Toutes les cellules, qu’elles soient mâles ou femelles, jouent une musique merveilleuse, mais le fils a besoin de se syntoniser sur les fréquences masculines aussi bien que sur les fréquences féminines.
 
Robert Bly. L’homme sauvage et l’enfant. Seuil, 1992, pp. 135-6




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