TRAVAIL DOMESTIQUE

 

 

Les évaluations de la part respective des conjoints dans l’effectuation du travail domestique (réalisées régulièrement par l’INSEE) donnent en général une proportion des deux tiers pour les femmes, d’un tiers pour les hommes. Pour les idéologues misandres, c’est chaque fois l’occasion de réitérer diverses accusations traditionnelles contre les hommes : ils sont paresseux, ils parasitent l’énergie des femmes, ils consacrent égoïstement le temps supplémentaire que celles-ci consacrent au dit travail à leurs loisirs ou à leur progression professionnelle.

Une vision qui ne tient pas devant les arguments de bon sens qui suivent :

- la répartition du travail domestique relève de l’organisation interne des couples, et donc d’une négociation entre conjoints. Le discours des misandres contitue une immixtion dans le vie des couples, et s’appuie comme d’habitude sur une conception fantasmatique et bisexiste : hommes dominants imposant leur organisation, femmes soumises incapables de négocier avec eux.

- le temps des hommes est en moyenne davantage occupé par le travail professionnel que le temps des femmes. On peut interpréter cela de différentes façons et le regretter. Mais il en découle logiquement qu’ils ont moins de temps à consacrer au travail domestique.

- les couples ne recherchent d’ailleurs pas forcément l’"égalité", laquelle peut même être un souci tout à fait secondaire. Le travail domestique a une pluralité de sens (lire François de Singly). D’ailleurs une proportion importante de conjointes considère encore celui-ci comme son domaine réservé.

- les évaluations expriment une moyenne : elles signifie que si "les" hommes en font moins globalement et en moyenne, certains en font autant que leurs conjointes, d’autres en font plus. On ne peut en tirer de leçon générale.