Ségolène Royal, la délatrice (1953- )


mai 2026

Ségolène Royal, la délatrice (1953- )

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Soyons justes : quand elle était ministre déléguée à la famille (gouvernement Jospin), elle a mis en place l’excellente loi du du 21 décembre 2001 instaurant le congé de paternité de onze jours. Certes, c’est sans doute surtout la perspective de diminuer la charge des mères qui l’a motivée. Mais cette loi a permis à de nombreux pères d’assurer une présence auprès de leurs enfants tout juste nés. 

Ceci étant dit, en ce qui concerne la condition masculine, c’est une vraie catastrophe. Idéologiquement, Royal professe l’idée misandre de la supériorité morale des femmes sur les hommes. Dans la pratique, elle enfonce systématiquement les hommes accusés de violences sexuelles, avant enquête ou avant procès, et même si leur innocence est parfaitement vraisemblable. Sa croyance : "l’enfant" ou "la femme" dit toujours la vérité... lorsqu’ils ou elles accusent des hommes. Et contre ces derniers, elle s’identifie à Jeanne d’Arc, comme l’a bien décrit son biographe, Daniel Bernard, dans Madame Royal (p.66 et 68) :

"Au fil des ans, Ségolène Royal s’est identifiée à la combattante, une humble orgueilleuse comme elle qu’aucune force humaine n’a pu retenir ni décourager quand il lui fallu suivre son étoile. Mieux qu’une figure à méditer ou la compagne fidèle de ses rêveries adolescentes, Jeanne, pour Ségolène, est devenue une inspiratrice et un exemple à imiter. (...) Sainte Ségolène s’y voit, jusqu’au sacrifice peut-être. La ministre de l’enseignement scolaire s’est levée seule pour bouter la pédophilie hors des établissements de l’Education nationale."

Un ouvrage remarquable recense les actions qu’elle a menées contre les hommes tout au long de sa carrière politique. Il s’agit de L’école du soupçon Les dérives de la lutte contre la pédophilie, de Marie-Monique Robin (La Découverte, 2006) qui sera cité ci-après à différentes reprises. Il a malheureusement été insuffisamment lu, du fait de sa longueur et de sa spécialisation. mais il mérite de l’être par tous les antisexistes. 

Quelques dates :

4 juin 1997 : Royal devient ministre déléguée à l’Enseignement scolaire auprès du ministre de l’Education nationale, Claude Allègre (ce jusqu’au 27 mars 2000).

juin 1997 : Bernard Hanse, professeur d’éducation physique au collège de Montmirail (Marne), 49 ans, fait sortir du vestiaire un élève de 13 ans qui chahutait. Le 7, sa famille se plaint auprès du principal d’un "geste déplacé" mais refuse la confrontation. Le 10, le principal adresse un signalement au procureur de la République, et en informe Bernard Hanse. Ce même jour, celui-ci, laissant à sa femme une lettre d’adieu déchirante dans laquelle il confie "que quelqu’un puisse penser que je puisse faire pareille chose m’est insupportable", se tire une balle dans la tête (L’école du soupçon, p.128-30 / p.198 ).

La famille initie contre l’élève une procédure en dénonciation calomnieuse. Mais le 9 juillet Royal ne trouve rien de mieux que de mettre en doute sa pertinence : "Cette affaire n’est pas finie, l’enfant s’est peut-être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d’un suicide, les reproches qui lui auraient été faits d’avoir parlé". Le 22 juin 2002, au terme de la procédure, la Cour d’appel de Reims établit l’innocence de Bernard Hanse. Depuis, l’Education nationale a exprimé sa compassion à la famille (Xavier Darcos, le 4 mars 2003), mais Royal ne lui a jamais présenté d’excuse pour ses déclarations pernicieues. 

26 août 1997 : Claude Allègre et Royal publient l’Instruction concernant les violences sexuellesVoir l’analyse détaillée : https://www.la-cause-des-hommes.com/ecrire/?exec=article&id_article=334 ou L’école du soupçon, p.138-141

Cette circulaire contient une série de recommandations dangereuses, comme : "Ainsi, dès qu’un élève a confié à un membre de l’Éducation nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d’aviser immédiatement et directement le procureur de la République" (IV, 1). Ce qui revient à cautionner et à judiciariser d’emblée toute accusation, même dépourvue de tout fondement. Dès lors, le nombre d’accusations explose, passant de 10-20 en 1995 à plus de cent chacune des années suivantes, qui aboutissant à 73% de clasements sans suite (chiffres Fédération des autonomes de solidarité). Royal n’a jamais voulu établir un bilan de la circulaire.

27 mars 2000 : Jack Lang est le nouveau ministre de l’EN. Le 9 janvier 2001, suite aux protestations du syndicat des enseignants en éducation physique (SNEP), particulièrement frappés par les fausses accusations, il publie une circulaire invitant les responsables hiérarchiques à faire preuve de "discernement" par rapport aux allégations, avant d’enclencher les procédures. C’est un camouflet pour Royal qui manifeste son courroux auprès du SNEP (L’école du soupçon, p.169-70).

12 avril 2001 : Paul Jacquin, instituteur à Zittersheim (Alsace), accusé d’agressions sexuelles sur des élèves (mais innocenté ultérieurement), se défenestre lors de l’intervention dans sa classe de gendarmes venus l’arrêter. Le 18, Royal déclare à son sujet, aux Dernières Nouvelles d’Alsace : "Il faut d’abord penser aux enfants qui ont eu le courage de parler, alors que trop souvent la loi du silence s’impose. Il faut les épauler et certainement pas les accabler ou leur faire porter la responsabilité du drame .[...] Les pédophiles peuvent être de très bons instituteurs, parfaitement dévoués..." (L’école du soupçon, p.198).

février 2002 : alors qu’elle n’est plus ministre de l’Education, Royal intervient dans l’affaire du directeur de l’école maternelle de Fresne-sur-Marne, Roger Busson, qui a subi successivement deux plaintes, l’une pour attouchements, l’autre pour viol sur des enfants. Royal prend parti pour les plaignants et écrit au recteur de l’académie de Créteil, pour faire pression : "trop de situations de violences sexuelles ont été étouffées ou mal traitées par des réponses internes peu rigoureuses". Les deux plaintes seront classées sans suite (L’école du soupçon, p.196-97) 

avril 2006 : élue présidente du Conseil général de Poitou-Charentes depuis 2004, Royal met en place un parcours de chèques-formation pour les chômeurs, réservé aux femmes (https://www.la-cause-des-hommes.com/ecrire/?exec=article_edit&id_article=168) 

2007 : Royal est candidate à la présidence de la République, et mène une campagne fortement imprégnée de misandrie, et plus particulièrement de misandrie messianique : "Je suis une femme et avec moi, le vrai changement politique, il est là. Plus rien ne sera jamais comme avant." / "Si cela va mieux pour les femmes, cela va mieux pour l’humanité toute entière" / "Il est temps que les femmes sortent de l’enfance et leur temps a sonné" (Ségolène Royal s’assume en candidate, femme et mère. Le Figaro, 8 mars 2007)

octobre 2025 : dans son livre "Qui va garder les enfants ?" (voir ci-après), Royal réitère sa croyance absolue à la parole de l’enfant : Devant la commission d’enquête sur Bétharam, j’ai dit ces mots : "Quand un enfant parle, il dit toujours la vérité de sa douleur." (p.131)

29 avril 2026 : Coline Berry, la fille de l’acteur Richard Berry, réitère ses accusations de viol déjà portées contre son père, devant une commission parlementaire sur l’inceste. Dès le lendemain, Royal relaie ces accusations et lui apporte son soutien, alors que Richard Berry n’a jamais été condamné, la plainte de sa fille ayant été portée après le délai de prescription. https://www.mariefrance.fr/news-people/ces-crimes-atroces-apres-le-temoignage-glacant-de-coline-berry-segolene-royal-pousse-un-coup-de-gueule-1267526.html

21 mai 2026 : après les accusations en série contre Patrick Bruel, mais avant toute enquête et toute procédure judiciaire, Royal tweete : "Victimes de Patrick Bruel, on vous croit. Toutes.https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/patrick-bruel-accuse-de-violences-sexuelles-segolene-royal-pousse-un-cri-du-coeur-la-salissure-la-carriere-en-ruines-20260522

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Ségolène écrit : Qui va garder les enfants ? Fayard, octobre 2025

Comble du cynisme : Royal se répand dans un énième bouquin pour s’autoglorifier de sa politique de l’époque. Il faut le lire pour le croire.

Chapitre 6. Comment les protéger des violences sexuelles  ?

p. 125 On avait commencé à éradiquer ce fléau en libérant la parole et en dissuadant le passage à l’acte. Les recteurs que j’avais mobilisés et les chefs d’établissement ont été formidables, heureux d’avoir enfin ce mode d’emploi clair. Pendant deux ans tout a bien fonctionné. De mémoire, la parole de plus de 300 enfants a été libérée.

300 enfants, peut-être. Mais parmi les procédures qui ont suivi, combien de classements sans suite, d’acquittements ? Et surtout combien d’innocents pris dans la nasse et condamnés injustement à des peines lourdes... voire acculés au suicide. Elle ne le sait pas ? 

p. 125 (suite) Mon successeur a tout cassé et tout supprimé au nom du "risque de suspicion", vieille rengaine de ceux qui considèrent que ce problème n’est pas "de leur niveau".

Là, on sent toute la rancoeur de quelqu’un dont la nuisance a été légitimement dénoncée. Heureusement qu’elle n’a pas été suivie, heureusement que d’autres ont atténué les dégâts mortels qu’elle a causés. 

p. 131 Devant la commission d’enquête sur Bétharam, j’ai dit ces mots : "Quand un enfant parle, il dit toujours la vérité de sa douleur. Et quand il se tait, c’est souvent que la peur l’a bâilloné. Notre responsabilité, c’est de savoir entendre ce qui n’est pas dit, ou tellement ténu au départ."

On notera le "toujours". Terrifiant. Trente ans après, elle est encore dans le mythe de la "parole de l’enfant", qui ne peut mentir. Un point de vue que plus aucun spécialiste n’oserait soutenir aujourd’hui... Et puis, accessoirement, que sait-elle de l’affaire Bétharam ? A quel titre est-elle intervenue dans cette commission ?



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