Stéphanie Lamy, la paranoïaque (1962> )
25 décembre 2025
Stéphanie Lamy, la paranoïaque (1962 > )
Sur le web, elle est présentée comme "spécialiste des guerres de l’information" ou "spécialiste des opérations sémantiques (stratégies de désinformation)". Manifestement, elle a mis son savoir en pratique, puisque sa production livresque consiste justement en une guerre de l’information contre "les" hommes, tous les hommes.
Fondatrice de l’asociation Abandon de famille - Tolérance zéro, qui se définit comme "contre les violences économiques faites aux femmes et aux enfants dans la sphère privée". Donc, sans surprise, non-concernée par les violences faites aux hommes.
Auteure de deux ouvrages, consacrés exclusivement au présumé "masculinisme" : Agora toxica. Editions du détour, 2022 et La terreur masculiniste. Editions du détour, 2024. Les citations qui suivent sont tirées de ce deuxième ouvrage.
Sa définition du "masculinisme", désigné aussi comme "suprémacisme masculin" ou "misogynie extrémiste" (p. 7) : « un ensemble d’offres idéologiques identitaires, construites, diffusées et conduites au sein de divers milieux de radicalisation (on/off line), qui prônent la violence sous toutes ses formes, afin de maintenir, voire renforcer, la domination des hommes sur les femmes et les minorités de genre » (p. 24)
Toutes les époques et toutes les sociétés comportent sous des formes diverses une dose incompressible de misogynie. C’est donc le cas dans les sociétés contemporaines, mais ni plus ni moins qu’auparavant. Le "masculinisme" est une vieille invention des idéologues misandres, qui vise à faire croire à l’émergence d’une forme nouvelle de misogynie, qui serait plus structurée, plus forte, plus violente et plus dangereuse. Ce qui justifierait la création d’un nouveau concept. Mais beaucoup de ces idéologues ont déjà traité le sujet. Lamy sait que si elle veut prendre une place dans le débat, elle doit en rajouter : elle surdramatise et elle surenchérit.
En effet, une véritable course à la notoriété est engagée entre les divers anti-"masculinistes", tous avides d’obtenir le meilleur statut d’"expert", qui leur vaudra des invitations médiatiques. Son art de la surenchère a déjà permis à Lamy de se positionner confortablement : depuis 2024 et la parution de ses livres, elle est devenue la référence incontournable des médias concernant le "masculinisme". Elle a pris la place de Patric Jean, qui perd ainsi son fonds de commerce. Cette surenchère s’appuie principalement sur deux procédés :
- extension à l’univers entier du concept de "masculinisme" : le masculinisme est partout, y compris aux endroits où on l’attend le moins.
- dramatisation à outrance de son influence présumée, traduite par le vocabulaire : "terreur", "guerre", "menace", "stratégie de l’agresseur", "cibles de proximité", etc.
Le "masculinisme" est partout
Lamy s’efforce de recenser les diverses présumées composantes de son objet d’étude. Elle commence par les groupes, traditionnellement cités, cantonnés dans les réseaux sociaux : PickUp Artists, Incels, MGTOW, coach en séduction, adeptes du fitness ou des jeux videos, etc. Elle omet de préciser que ces groupes, déjà largement référés par ses prédécesseurs, drainent surtout, du fait qu’ils sont ressentis comme des provocateurs, des curieux ou des voyeurs, et n’ont aucun poids social/politique. C’est pourquoi elle va en chercher de nouveaux, notoirement inconnus, des "masculinistes" de gauche, les "nice guys" et les "Social bros" (p. 148), qui seraient issus des jeunes communistes, lesquels ne figurent pas habituellement dans ce genre de liste.
Mais ces références restent limitées. Elle convoque donc les personnalités et les événements les plus divers, dans tous les pays du monde. Relèveraient ainsi du "masculinisme" : le "libertarianisme" en Argentine ; Trump aux Etats-Unis ; Jair Bolsonaro au Brésil ; Yoon Suk-Yeol en Corée du sud ; en Afrique "les mouvances panafricaines, soutenues par la Russie" (p. 10) ; et aussi des mouvances situées en Inde, en Egypte, au Japon. En Russie, bien sûr, c’est Poutine et l’invasion de l’Ukraine. A propos de cette invasion, elle cite l’ambassadrice française à l’Otan, Muriel Domenach, qui l’aurait qualifiée "comme étant conçue, exécutée, et justifiée comme un viol" (p. 8) : un procédé misandre typique, qui consiste à assimiler toute forme d’agression, même non-sexuelle, conduite par un ou des hommes, au viol (d’une femme).
Elle évoque aussi des "masculinistes" noirs africains, les Hoteps (p. 182). Ce qui, au final, lui permet d’écrire : "Ce serait donc un leurre de penser les mouvances masculinistes comme exclusivement occidentales, blanches. Tout comme ce serait un leurre de les penser exclusivement d’extrême-droite, car la haine des femmes est agnostique en termes de croyances et fédère les hommes au-delà des considérations partisanes" (p. 11). En cela, elle se distingue nettement d’autres idéologues misandres contemporaines, comme Christine Delphy ou Anne Lauvergeon, qui désignent leurs adversaires spécifiquement comme des "hommes blancs". Mais sa seule préoccupation est d’augmenter le nombre de références, indépendamment de leur pertinence.
Des petits provocateurs de TikTok aux chefs des plus grands états du monde, ils seraient donc tous ligués contre "les" femmes, par le biais d’une nouvelle idéologie. Une théorie audacieuse... Certes, dans certaines de ces petites ou grandes structures, il y a sans doute des éléments de misogynie, mais ni plus ni moins qu’à d’autres époques. Il n’y a ni programme de revendications ni théorie quelque peu élaborée, donc rien qui justifie un nouveau concept, ni un nouveau mot en "isme".
Les tueurs de masse sont "masculinistes"
Le seul indice plausible de la mise en oeuvre d’une guerre des sexes par des "masculinistes" réside dans les tueries de masse, dont Lamy leur attribue mécaniquement la responsabilité, tout en suggérant une équivalence avec le terrorisme islamiste. Ce genre de tueries, exécutées par un individu seul, sont récurrentes depuis les années 70, et il est légitime de s’en préoccuper... mais aussi de les analyser correctement.
Lamy évoque une dizaine de tueurs, qui auraient été peu ou prou influencés par les mouvances MGTOW ou Incel, et donc avides de se venger des femmes. Or, de tueurs présumés "masculinistes", on peut attendre qu’ils ne tuent pas... des hommes. Pourtant, c’est ce qu’ils ont fait, sauf trois d’entre eux, qui ont tué exclusivement des femmes (Marc Lépine, en 1989 à Montréal ; un ado, en 2020 à Toronto ; Mickaël Philetas, en 2020 en France). Les autres ont tué des personnes des deux sexes. Et trois d’entre eux se sont ensuite suicidés (Marc Lépine, Elliot Rodger en 2014 à. Isla Vista, Jake Davidson en 2021 au Royaume-Uni), preuve qu’ils n’avaient pas vraiment le projet d’asseoir leur "domination".
Pour la France, elle évoque le "projet d’attentat masculiniste" de Saint-Etienne qui aurait été déjoué en mai 2025, et dont on ne sait rigoureusement rien, puisque, par définition il n’a pas eu lieu et que son initiateur présumé n’a pas encore été jugé.
La plupart de ces tueries n’ont pas de motivation idéologique. Elles sont manifestement le fait d’individus aux pathologies extrêmes, qui agissent dans l’impulsion, en dehors de toute consigne et de toute théorisation : ils tirent dans la foule, sans faire de distinction de sexe. Et certains tirent ensuite sur eux-mêmes... Tous ces meurtres sont condamnables. Mais qu’il y ait eu, en cinquante ans et dans le monde entier, trois meurtres misogynes, n’autorise en rien à diagnostiquer une "terreur" ou une "guerre".
...et la technologie, elle aussi, est "masculiniste"
Rien n’arrête Lamy lorsqu’il s’agit d’étayer sa démonstration. Sur son blog de Mediapart, intitulé "Observatoire des masculinismes", elle s’attaque désormais à une entité indéfinie qu’elle appelle le "technomasculinisme"(1). Son contenu est aussi varié que nébuleux : la Silicon Valley, le transhumanisme accélérationniste", l’IA, les "élites chrétiennes", Elon Musk, J.D. Vance, les cryptomonnaies, etc. Un mélange absolu qui finit d’ôter toute intelligibilité à son propos.
Bref, tous les hommes sont "masculinistes"
Cet empilement trahit la volonté de mettre en cause non pas un courant idéologique, mais un sexe biologique dans son entier, le masculin : en fait, pour elle, les "masculinistes", ce sont "les" hommes. Tous les hommes, tous profils confondus, sont "masculinistes", et donc leurs revendications sont elles aussi "masculinistes".
Il est à noter que Lamy ne fait aucune allusion aux femmes, même illustres, qui ont dénoncé les violences et les discriminations contre les hommes, et qui pourraient, si l’on applique sa démarche, être qualifiées elles aussi, de "masculinistes". Pour elle, elles sont une impossibilité idéologique, elles ne peuvent pas exister. Mais il ne serait pas étonnant que cela vienne, vu la pathologie dont elle est atteinte.
Cette pathologie est la paranoïa, ou délire de persécution. Elle fonctionne de la manière suivante : les autres, au début quelques autres, sont mes ennemis ; puis quelques autres, et quelques autres encore ; puis la société entière, tous les autres, le monde entier ; et chaque jour la liste s’allonge de ceux qui veulent ma perte.
Emportée par sa folie et sous prétexte de dénoncer une guerre des sexes, Lamy l’instille au contraire dans l’esprit de ses lecteurs. Ses lectrices les plus influençables pourraient en tirer une méfiance absolue par rapport aux hommes, voire en arriver à des actes inconsidérés. Elle est dangereuse.
Quant aux médias qui lui ouvrent leurs portes pour faire le buzz, ils ne font pas montre d’un grand sérieux ni d’un grand sens des responsabilités.
Pour lire (gratuitement) l’intro de "La terreur" : https://editionsdudetour.com/index.php/les-livres/la-terreur-masculiniste/
****************************************************************************************
MAJ 29 janvier 2026
Et ça continue ! Sur son blog Mediapart, toujours habitée par son obsession, Lamy dénonce de nouvelles structures "masculinistes"... auxquelles elle n’avait pas encore pensé.
Elle dénonce par exemple le positionnement de la MIVILUDES (organisme d’info sur les dérives ssectaires), parce qu’elle n’inclut pas l’étude des présumés "masculinismes" dans son objet d’étude.
Elle dénonce aussi l’AFSI (Alerte aux faux souvenirs induits), qui fait pourtant une excellente information sur les faux souvenirs, qu’elle accuse de s’inscrire dans"une constellation antiféministe transnationale".
Elle dénonce enfin l’association VIRAGE Grand Est, coupable de souscrire au concept d’aliénation parentale (quel crime !).
Et ce n’est sûrement pas fini : dans son prochain article, il y aura d’autres têtes à couper !
Imprimer


