Allemagne : Condamnée pour avoir percé les capotes de son amant. Michel Pralong. Lematin.ch, 8 mai 2022


 

[Article doublement intéressant :

- il confirme l’existence d’une pratique utilisée par les femmes cherchant à susciter une paternité imposée, pratique qui suscite souvent l’incrédulité (comme les paternités imposées d’ailleurs)

- il met en évidence le désert législatif en ce domaine (cela se passe en Allemagne, mais c’est le même désert dans les autres pays) : il n’y a pas de qualification et donc de loi spécifique pour cette pratique, comme le montrent les débats qui ont agité le tribunal. Il est d’ailleurs étonnant (et réjouissant) que celui-ci ait prononcé une condamnation.]

 

 

Allemagne : Condamnée pour avoir percé les capotes de son amant

Devenue amoureuse de son « sex friend », une femme a voulu tomber enceinte de lui. L’homme a porté plainte.

par Michel Pralong

 

Depuis début 2021, à Bielefeld, près de Dortmund, une femme de 39 ans entretenait une relation avec un sex friend : une amitié comprenant des rapports sexuels, consentis et protégés, et qui ne devait pas déboucher sur une vraie vie de couple. Sauf que la femme est tombée amoureuse de l’homme de 42 ans et a trouvé une idée pour se l’attacher : avoir un enfant de lui. Mais sans l’avertir.

Elle n’a donc rien trouvé de mieux, raconte le site nw.de, que de percer les préservatifs que l’amant avait mis dans sa table de nuit. En mars de la même année, alors que les relations se sont refroidies, la jeune femme lui annonce qu’elle pense être enceinte. Lorsqu’il lui demande comment c’est possible, elle lui avoue son geste. Furieux, l’homme a porté plainte.

 

Le tribunal embarrassé

Le tribunal devant laquelle la femme a comparu cette semaine s’est retrouvé un peu emprunté face à cette affaire. Le parquet avait retenu l’accusation de viol contre la femme, mais le procureur et l’avocat de la défense ont vite convenu que ce n’était pas le cas. Il pouvait également être question de contrainte sexuelle, comme lorsqu’un partenaire enlève son préservatif pendant le rapport à l’insu de l’autre, mais c’est un acte généralement commis par les hommes.

Le tribunal a fini par suivre le réquisitoire du parquet et a condamné la femme à 6 mois de prison avec sursis pour agression sexuelle. La juge a toutefois précisé que ce verdict pourrait sans doute être contesté, car pas forcément approprié. Mais que le tribunal n’avait pas d’autre choix que de faire avec les lois existantes. L’accusée a accepté le verdict et est à nouveau en bons termes avec son ancien amant. Elle n’a apparemment pas eu d’enfant avec lui.

 

Michel Pralong, Lematin.ch, 8 mai 2022

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