DOSSIER : Viols / agressions sexuelles : les chiffres


 

VIOLS / AGRESSIONS SEXUELLES : LES CHIFFRES

 

Il est très difficile de chiffrer de manière satisfaisante les diverses violences sexuelles. En effet :

- les plaintes ne correspondent qu’à une petite partie de la réalité. Beaucoup de victimes (surtout les hommes) ont honte et ne portent pas plainte. Inversement, beaucoup de plaintes ne reposent sur aucun fondement. Voir http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?rubrique18

- c’est tout aussi vrai pour les condamnations, puisqu’elles sont conditionnées par les plaintes. De plus, certaines plaintes fondées ne sont pas suivies de condamnations, faute de preuves. Et certaines plaintes infondées sont suivies de condamnations, la présomption d’innocence n’existant pas pour les mis en cause masculins.

- les enquêtes de victimation ne recueillent que des déclarations, dont la réalité n’est pas établie. Elles fournissent donc des informations intéressantes, mais jamais totalement fiables.

- la difficulté est accrue par les manipulations des idéologues misandres qui, contre l’évidence, s’efforcent de démontrer que le viol est toujours le fait d’auteurs masculins sur des victimes féminines. Selon les cas, ils produisent des enquêtes ne prenant pas en compte les victimes masculines, ou n’utilisent et ne publicisent, dans les enquêtes non-sexuées, que les chiffres rendant compte des victimes féminines.

La seule démarche permettant d’approcher la réalité de la situation est de confronter les données concernant les plaintes, les condamnations et les enquêtes de victimation, dans la durée, et les unes par rapport aux autres.

 

CONDAMNATIONS

Condamnations pour viol :

en 2013 : 1188

en 2014 : 1075

en 2015 : 1048

dont femmes : 16

sur victimes + 15 ans : 15 (dont conjugal : 0)

sur victimes - 15 ans : 1

dont hommes : 1032

sur victimes + 15 ans : 701 (dont conjugal : 46)

sur victimes - 15 ans : 331

 

 

ENQUETES DE VICTIMATION

 

A prendre en considération avant d’aborder les enquêtes :

- les cadres sociaux et temporels dans lesquelles elles s’inscrivent sont variables : nombre de personnes enquêtées, leur âge (20-59, 18-69, 18-75 - il manque donc les viols sur mineurs), durée de la période étudiée (1 an, 2 ans, toute la vie) ;

- les modes de présentation des résultats sont variables (en particulier dans les médias). Ainsi, on trouve souvent un chiffre global additionnant viols et tentatives de viols (les lecteurs ne retiennent en général que le premier terme), alors qu’il s’agit de 2 crimes différents ;

- les taux de déclarations sont toujours publiés avec un "intervalle de confiance" important.

 

 

ENVEFF - 2000

Les violences envers les femmes en France. Une enquête nationale. Paris, La documentation Française, 2003.

Le questionnaire : http://www.unece.org/fileadmin/DAM/stats/gender/vaw/surveys/France/FRANCE_%20questionnaire_Enveff.pdf

Les résultats (p. 4) : https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/18735/pop_et_soc_francais_364.fr.pdf

Dirigée par Maryse Jaspard.

Sur le caractère biaisé de cette enquête, voir aussi http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article203 et http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article202

6970 femmes de 20 à 59 ans (l’enquête ne prend pas en compte les victimes hommes). Porte sur une année.

Victimes viols :

Femmes : 48 000 = 0,3 % ("arrondis" par Maryse Jaspard à 50 000 !)

Victimes agressions sexuelles

Femmes : 1,2 %

Les questions (par exemple P9, T12, C19, E1, F7) portent sur "tentative de rapport sexuel forcé" et "rapport sexuel forcé" (ou "contre votre gré"). Explication de Maryse Jaspard : "Dans les questions, seuls des "faits" sont évoqués, ils sont décrits avec le plus de précision possible afin de limiter la subjectivité des réponses" (p. 34)". Il s’agit d’éviter la charge émotionnelle portée par le mot "viol". Mais la "subjectivité" n’est nullement "limitée", elle revient par un autre biais : dans l’esprit des enquêtées, un "rapport forcé" peut désigner toutes sortes d’actes différents du viol au sens juridique (= pénétration)

 

 

ENQUETE CVS (ONDRP) - 2006-11

CVS = Cadre de vie et sécurité

Rapport ONDRP 2012, p. 39-40 : https://www.inhesj.fr/ondrp/publications/rapports_annuels

Tranche d’âge : 18-75 ans

propose une moyenne de ses enquêtes de 2006 à 2011, chacune étant établie pour 2 ans (ce qui explique des résultats nettement plus élevés que ceux des autres enquêtes) :

Victimes viol + tentatives :

Total : 202 000 / 2 ans = entre 0,4 et 0,6 %

Femmes : 168 000 / 2 ans = 0,4 %

Hommes : 34 000 / 2 ans

 

 

ENQUETE VIRAGE (INED) - 2015

Enquête Virage = Violences et rapports de genre, INED. Site : http://virage.site.ined.fr/

Présentation de l’enquête Virage et premiers résultats sur les violences sexuelles. Documents de travail, n° 229. Ined, janvier 2007 https://www.ined.fr/fr/publications/document-travail/enquete-virage-premiers-resultats-violences-sexuelles/

15 556 femmes et 11 712 hommes âgés de 20 à 69 ans, France métropolitaine, ménage ordinaire. Porte sur une année : 2015. Ne porte pas sur harcèlement et exhibitionnisme.

 

Résultats (tableau 4, p. 26 et 5 p. 28) :

Victimes viols :

Total : 55 000

Femmes : 52 500 = 0,26 % (dont 0,18 % par conjoint.e, 0,09 % par ex-conjoint.e)

Hommes : 2500 = 0,01 %

Victimes tentatives de viol :

Total  : 38 000

Femmes : 37 000 = 0,18 %

Hommes : 1000 = 0,01 %

Victimes agressions sexuelles

Total  : 737 500

Femmes : 552 500 = 2,76 %

Hommes : 185 000 = 1%

 

Tableau comparatif entre les 3 enquêtes (Tableau 18, p. 59)

avec des résultats recalculés en fonction de la durée la plus brève (1 an) et de la tranche d’âge des victimes la plus étroite (20-59 ans) :

Victimes viols + tentatives :

Femmes : Enveff 80 000 / CVS 70 600 / Virage 56 000

Hommes : CVS 10 900 / Virage 2 200

Victimes autres agressions sexuelles :

Femmes : Enveff 472 000 / CVS 458 100 / Virage 527 000 /

Hommes : CVS 120 900 / Virage 181 000

Ce tableau fait apparaître :

- une forte disparité des résultats, qui incite à la prudence ;

- en particulier, les viols + tentatives sont déclarés nettement moins haut dans Virage. Pour les femmes : - 24 000 par rapport à ENVEFF, - 14 600 par rapport à CVS. Pour les hommes : - 8700 par rapport à CVS

- à l’inverse, les agressions sexuelles sont déclarées nettement plus haut dans Virage ;

- cela s’explique par la spécificité méthodologique de Virage, telle qu’elle est expliquée p. 58-59 :

Cela tient à l’enregistrement différencié des viols et tentatives de viol entre ces enquêtes. L’auto-classement des actes subis par les enquêté.e.s dans l’Enveff et CVS a probablement conduit à enregistrer comme des rapports forcés ou des tentatives de rapports forcés des agressions relevant d’autres types d’actes.

(...)

Dans CVS, dès que la réponse aux deux questions principales relatives aux violences sexuelles est positive, les personnes doivent déclarer s’ils ont subi "un viol, un rapport sexuel forcé", "une tentative de viol" ou "une autre agression sexuelle". Les individus classent eux-mêmes les actes dans ces différentes catégories juridiques. Or, nous savons que les actes que recouvrent ces catégories ne sont pas toujours bien appréhendées d’une part et que le classement de l’acte subi dans sa catégorie juridique va dépendre de la charge émotionnelle d’autre part. Il est possible que les actes subis classés comme "viol" dans CVS ne le soient pas dans Virage, puisque dans cette dernière enquête, la qualification des actes n’est pas directement opérée par les enquêté.e.s.

 

Conclusion provisoire sur les 3 enquêtes de victimation

- L’ENVEFF s’est efforcée d’occulter l’existence de victimes masculines. Grâce à CVS et Virage, nous savons qu’elles existent, certes en quantité nettement inférieure à celle des victimes féminines, mais non négligeable.

- Il reste à éduquer les médias, qui encore aujourd’hui et le plus souvent, n’ont pas réalisé que les enquêtes rendent compte aussi des victimes masculines, ou les traitent par le mépris, et donc ne mentionnent pas leurs déclarations.

- Globalement, il convient d’être prudent. On voit bien que les taux de déclarations varient. Les gens qui déclarent avec assurance "Il y a x viols, pas plus, pas moins" ne révèlent que leur propre ignorance du problème.

- Virage nous confirme ce que nous avions déjà pointé, à savoir que le concept de "viol" est désormais employé à tort et à travers, et que sa définition juridique n’est pas connue. Ce qui conduit souvent à des déclarations non-fondées. 

- La méthodologie de Virage semble avoir, au moins en partie, rectifié cette dérive. Cette enquête nous révèle qu’il y a beaucoup moins de viols de femmes et d’hommes que ce qu’on le croyait. Même si corrélativement il y a plus d’agressions sexuelles, c’est une bonne nouvelle. Pourquoi les idéologues misandres et les médias ne le soulignent-ils pas ?

- Pour autant, il ne faut pas se focaliser sur les chiffres. Le viol est un crime odieux, quel que soit le nombre des actes commis, quel que soit le sexe des victimes ou des auteur.e.s. C’est la lutte contre ce crime qui importe, son chiffrage et les autres enseignements sociologiques ne constituant que des outils qui permettent d’affiner cette lutte.

 



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