Dossier : l’affaire Chantal Clos, 2009-2016


 

Avec cette affaire, on entre dans l’univers infernal des groupuscules de mères aliénantes et fanatisées, prêtes à tout pour conserver l’emprise totale sur leurs enfants, et pour cela à détruire, au propre comme au figuré, leur ex-conjoint. Avec des techniques bien éprouvées, qu’elles s’enseignent entre elles : fausses accusations de violence physique ou d’inceste, aliénation parentale, rapt des enfants, manipulation de la Justice, etc.

 

DOSSIER : L’AFFAIRE CHANTAL CLOS

 

Le 21 décembre 2009, Chantal Clos et sa fille Anouk ont enlévé Pascaline Saint Arroman-Petroff, une avocate parisienne, et l’ont abandonnée attachée à un arbre, dans une forêt enneigée.

Chantal Clos était une militante misandre fanatique, engagée dans l’association ICW Collectif des mères, sur le site de laquelle, aujourd’hui inactif, on peut toujours lire en exergue, en date du 24 novembre 2005 : Jusqu’à quand allons-nous supporter la violence qui nous est faite, à nos enfants et à nous-mêmes, les femmes, par cette partie de l’humanité qui se proclame appartenir au genre humain ?

collectifdesmeres.org/

Ce militantisme l’a conduit à son terme logique : la tentative de meurtre. Sur une cible hautement symbolique : l’avocate de son ex-mari lors de leur procédure de divorce, et plus largement une avocate militante en faveur des pères divorcés ; une femme, une traîtresse...

Chantal Clos restera l’une des figures majeures de référence en matière de misandrie pathologique. Car avant d’arriver au pire, elle est passée par tous les délits et crimes auxquels conduit la haine des hommes. Le présent dossier pourrait d’ailleurs figurer dans n’importe la quelle des sous-rubriques de notre rubrique Violences.

Récapitulons :

- la violence conjugale, exercée sur son ex-mari pendant sept ans ;

- la fausse accusation de violence physique portée contre un voisin ;

- les fausses accusations d’inceste portées contre son ex-mari, réitérées trois fois : suite à de longues procédures, celui-ci obtiendra un non-lieu, mais on imagine l’épreuve subie...

- la fausse accusation d’agression sexuelle contre sa fille, portée contre un autre voisin ;

- les non-représentations d’enfant : là aussi, il finira par la faire condamner, ce qui est très rare, mais le fossé avec sa fille se sera encore aggravé ;

- l’aliénation parentale : dès les premières années de sa fille, elle installe une relation fusionnelle avec elle, "un huis clos psychologique" (citation Libé), doublée d’un conditionnement affectif de haine contre son époux, le père, et les hommes en général. Elle persuade Anouk qu’elle est constamment menacée d’inceste par son père, ou de viol par les autres hommes.

Ce qu’a parfaitement résumé un des avocats d’Anouk (cité par Libé) : C’est le mythe fondateur qui a fait naître la relation fusionnelle entre Chantal Clos et sa fille, contre un ennemi commun : le père, l’homme.

Dès lors, Anouk deviendra son ombre. Elle l’entraîne, complice soumise, dans tous ses méfaits, jusqu’à l’enlèvement et la tentative de meurtre. A cause d’elle, Anouk se retrouve à 18 ans devant un tribunal.

Ci-après deux articles qui, associés, offrent une bonne perspective de l’affaire : celui du Monde a été écrit peu après le crime, celui de Libé après le procès.

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Une encombrante voisine

Chantal Clos a changé d’adresse, et nombre de ses anciens voisins du 13e arrondissement de Paris n’en sont pas fâchés. Aucun d’entre eux - ils requièrent l’anonymat - n’imaginait cependant que cette quinquagénaire qui leur empoisonnait l’existence terminerait l’année 2009 en détention provisoire et qu’elle serait mise en examen pour "enlèvement et séquestration sans libération volontaire", tout comme sa fille Anouk, âgée de 18 ans.

Les deux femmes sont soupçonnées d’avoir enlevé, lundi 21 décembre, en plein centre de la capitale, l’avocate Pascaline Saint-Arroman Petroff, grimées, et sous la fausse identité de journalistes belges en quête d’une interview.

Spécialisée dans le droit de la famille, la juriste a défendu, lors d’un divorce houleux au milieu des années 1990, Yves Phélut : l’ex-mari de Mme Clos et père d’Anouk accusé par trois fois et en vain par son ex-femme d’attouchements sexuels sur l’enfant.

Chantal Clos et Anouk auraient arrimé l’avocate à un tronc d’arbre, de nuit et sous la menace d’une arme à feu, dans une forêt enneigée de l’Oise où elles comptaient la laisser mourir. "Pour elle, j’étais le premier maillon d’une institution judiciaire et familiale criminelle et elles devaient s’en prendre ensuite à des magistrats", explique Me Saint-Arroman Petroff.

Etant parvenue à se libérer et à rejoindre à pied un village après une trentaine d’heures de calvaire, l’avocate dit avoir identifié ses kidnappeuses grâce à leur discours exalté.

Dans le logement social de 93 m2 que ces dernières occupent, la police, qui les a interpellées jeudi 24 décembre, aurait retrouvé du papier à en-tête falsifié au nom de l’avocate.

Selon ses voisins, Chantal Clos et sa fille devaient être expulsées à l’issue de la trêve hivernale pour "troubles de jouissance". Sans emploi fixe depuis 1993, Mme Clos - que son avocat commis d’office Nicolas Beker décrit comme "une femme que les événements de la vie ont pu amener à être en souffrance" - s’était en effet muée en envahissante brocanteuse. Peu à peu, elle et sa fille avaient entreposé un insondable bric-à-brac dans dix-huit caves de l’immeuble.

Rappelées à l’ordre par la Société de gérance d’immeubles municipaux (SGIM), elles ont transféré leurs possessions dans leur quatre pièces, envahi du sol au plafond, au point d’obturer plusieurs fenêtres et de transformer l’accès aux pièces d’eau en parcours du combattant.

De prime abord, Chantal Clos suscitait l’empathie. Issue d’une fratrie pied-noir algérienne de huit enfants, cette ex-attachée de presse dans le milieu de la culture et de l’édition aimait à étaler sa connaissance de l’anglais. Elle présentait sa fille sous les traits d’une victime d’un père incestueux. Emus, les gens se mettaient en quatre. Mais ses exigences distendaient vite les amitiés. Alors, Mme Clos déployait un arsenal à la hauteur de son sentiment de trahison : insultes, menaces, dégradations, diffamation...

"Gros connard, tu vas bientôt crever", pouvait-elle ainsi lancer à ce voisin, chaque fois qu’elle le croisait. Un médecin soupçonneux - qui souhaitait garder Anouk en observation plutôt que de consentir à sa mère un certificat attestant de violences sexuelles après un séjour de l’enfant chez Yves Phélut -, a retrouvé sa carrosserie de voiture attaquée au tournevis. Refusant d’intervenir en faveur de Mme Clos dans un énième conflit, la concierge a vu la porte de sa loge badigeonnée de matière fécale. Un autre voisin - que la fille de Mme Clos a accusé d’attouchements sexuels commis dans la cave et qui n’a pas été inquiété par la justice - a trouvé son véhicule tagué : "Violeur", "Il m’a violée".

"L’inceste et l’agression sexuelle sont l’obsession de Chantal", explique Yves Phélut, qui considère la situation actuelle comme "l’aboutissement logique" d’une escalade dans laquelle son ex-femme "a entraîné Anouk" qu’il n’a pas revue depuis ses 13 ans. "Tout vaut mieux pour Anouk que l’emprise de sa mère, affirme cet ingénieur à la retraite de 60 ans, qui a témoigné dans un documentaire sur les hommes victimes de violences conjugales diffusé par TF1. Moi, si j’y étais resté, je serais peut-être mort."

De fait, les nombreuses plaintes à l’encontre de Mme Clos, connue comme le loup blanc au commissariat du 13e, n’ont pas davantage abouti que deux signalements au 119 (service téléphonique pour l’enfance maltraitée) effectués par des riverains s’étonnant que la jeune Anouk joue, de nuit, le factotum pour sa mère.

En revanche, grâce à l’aide juridictionnelle qui assure aux plus démunis une prise en charge par l’Etat des honoraires et frais de justice, Chantal Clos a multiplié les actions, réclamant systématiquement des dommages et intérêts. "Elle disait souvent qu’elle s’achèterait une villa avec l’argent ramassé dans les tribunaux, mais elle perdait toujours", se souvient une voisine. "Chantal revendiquait pour sa fille le statut de victime d’un père incestueux et tentait de le faire savoir en haut lieu, rappelle une cofondatrice du Comité des mères, la minuscule association de Mme Clos avec laquelle cette femme a pris ses distances il y a longtemps. Elle est passée à l’acte parce qu’elle avait épuisé son auditoire potentiel."

Son ancien quartier ne restera pas longtemps sans nouvelles de Chantal Clos. Le 27 janvier, elle doit retrouver au tribunal correctionnel un voisin qu’elle accuse de violences physiques. Des faits, selon lui, "totalement imaginaires", pour lesquels il a été relaxé en 2009. Mais, fidèle à sa ligne de conduite, Mme Clos a fait appel. Cette fois, la plaignante arrivera à l’audience menottée.

Patricia Jolly

Le Monde, 7 janvier 2010


lemonde.fr/societe/article/2010/01/07/une-encombrante-voisine_1288583_3224.html

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Un duo mère-fille en son labyrinthe de folie haineuse

Chantal Clos et la jeune Anouk, en 2009, avaient sequestré une avocate qui avait défendu l’ex-mari et père, puis l’avait laissée ligotée dans une forêt enneigée. Verdict : quinze ans ferme et cinq ans avec sursis.

Il y a des photocopies étalées partout sur le sol, des meubles et des objets récupérés qui s’entassent contre les murs, cachent les fenêtres, rendent l’accès à la salle de bain difficile. C’est étouffant, un huissier en témoignera. Devant les assises de Paris, des témoignages ont fait revivre l’appartement où vivaient les deux femmes. A l’image du huis clos psychologique dans lequel la mère a enfermé sa fille.

A la barre, cette semaine, il y avait la mère donc, Chantal Clos, cheveux gris et beau visage, qui, dans son box, parle, parle, parle. Et la fille, la maigre Anouk, qui se gratte nerveusement les joues où des taches rouges et blanches apparaissent comme des piqûres d’orties. Toutes deux comparaissaient pour enlèvement, séquestration, violences, extorsion et vol avec arme. Lors de l’enlèvement, la mère répétait à l’avocate qu’elle avait kidnappée qu’elle était le « premier maillon » d’une « institution criminelle ». Et aussi : « Quand les hommes deviennent pères, ils ont des pulsions sexuelles. »

C’était quelques jours avant Noël 2009. La mère et la fille attirent Me Pascaline Saint-Arroman Petroff dans un piège. Une dizaine d’années plus tôt, cette avocate a défendu l’ex-mari de Chantal Clos lors d’un divorce violemment conflictuel : la mère l’accuse d’avoir agressé sexuellement Anouk lorsqu’elle avait 4 ans. Malgré l’acharnement judiciaire de Chantal Clos, l’ex-mari bénéficie d’un non-lieu : aucune charge n’est retenue contre lui. « C’est le mythe fondateur qui a fait naître la relation fusionnelle entre Chantal Clos et sa fille, contre un ennemi commun » : le père, l’homme, explique Me Reingewirtz, l’un des avocats d’Anouk avec Me Rachel Lindon.

Brasserie. Cette nuit de 2009, c’est cela que la mère et la fille veulent faire payer à l’avocate, réputée pour son action en faveur des pères dans son association Justice Parité Parentale. Elles se font passer pour des journalistes, l’attirent dans une brasserie chic de Paris pour participer à un prétendu débat avec Christine Boutin sur le mariage homosexuel. Font mine de changer le lieu de rendez-vous, l’accompagnent dans un parking, la frappent à la tête et la ligotent. Pascaline Saint-Arroman Petroff, qui a alors 63 ans, restera une trentaine d’heures, attachée, à l’arrière d’une voiture. La mère dit : « Avocate salope ». Parle des « violences sociojudiciaires » qu’elle a subies. La fille appuie un Beretta (qui s’avérera factice) sur la nuque de l’avocate. Les deux femmes l’abandonnent ligotée à un arbre au creux d’une forêt enneigée de l’Oise, après lui avoir volé ses cartes bancaires. Aux policiers, Chantal Clos dira qu’elle n’a pas voulu tuer (« J’ai pensé que Dieu déciderait ») mais faire « comprendre un peu ce que c’était que la souffrance » à l’avocate. Dans la forêt, Pascaline Saint-Arroman Petroff a peu à peu dénoué ses liens avec les dents, et marché jusqu’à une habitation où elle s’est réfugiée. « Morte psychologiquement », dit-elle, elle a cessé de plaider.

Quand, dans la salle d’audience, le président Olivier Leurent demande à Anouk, 21 ans aujourd’hui, de raconter son enfance, elle parle beaucoup des « papiers ». « Tous ces papiers de justice qui arrivaient. […] Je voyais ma mère avec tous ces papiers, elle se battait pour moi, je ne pouvais pas la laisser seule. […] J’ai été en soutien de ma mère pour faire toutes les photocopies. » Frénétiquement, Chantal Clos a saisi la justice durant des années pour qu’elle dise qu’Anouk avait été violée par son père. En vain. Puis elle a accusé un voisin : lui aussi aurait commis des attouchements sur sa fille. Sur sa voiture elles avaient tagué : « Violeur ». Cette semaine, Anouk a reconnu que c’était faux. Le président de la cour d’assises laisse parler la mère. Il a un visage d’adolescent, une voix flûtée, la mère s’y laisse prendre d’abord, se raconte comme on le fait autour d’un thé à une bonne amie qu’on voudrait attendrir. C’est encore et toujours elle la victime. Jamais un mot spontané sur son crime, jamais un regard pour Pascaline Saint-Arroman Petroff. « Madone des fausses allégations », dit Olivier Morice, l’avocat de la victime. « Don Quichotte pitoyable », répond le conseil de Chantal Clos. D’une petite voix plaignante, elle raconte une enfance modeste, et déjà, des histoires de papiers. « J’ai rempli les dossiers de bourses d’études de mes sept frères et sœurs plus jeunes. » De sa propre mère, effacée, elle ne parle pas. Son père en revanche : « J’ai eu une très belle enfance parce que j’ai eu un père très présent. Il a eu une vie difficile. Nous étions rapatriés d’Algérie et on le traitait de sale bougnoul. » Plus tard, appelé à la barre, l’ex-mari assurera : « Chantal Clos détestait son père. C’était un ancien de l’OAS, qui disait qu’il achevait les Arabes au couteau. »

« Homme battu ». Quand Chantal Clos, devenue attachée de presse, et le père d’Anouk se rencontrent, l’homme a déjà deux enfants, qui refusent vite de voir leur père en présence de sa nouvelle compagne. Entre la belle-mère et la fille surtout, les relations sont tendues : « Dans la rue, elle donnait la main à son père comme si c’était son amoureux », justifie Chantal Clos. « Elle a toujours été obsédée par l’inceste », dit l’ancien mari, maniaco-dépressif, qui répète avoir été « un homme battu pendant sept ans », mais a lui même été condamné pour violences conjugales contre Chantal Clos.

Parfois le président de la cour intervient pour couper le flot de paroles de l’accusée, elle le rembarre prestement : « Si j’accumulais les objets, monsieur le président, c’est que je faisais des brocantes pour ne pas me prostituer au bois de Boulogne. Mais peut-être que vous, vous auriez pu faire le bois de Boulogne ? » Elle est en prison depuis 3 ans et 3 mois dans l’attente de son procès. Il fait remarquer qu’elle épuise ses geôlières. « Vous devriez faire un passage en prison, monsieur le président, se serait bien formateur. »

Le président laisse faire, le président encaisse, il laisse venir. Et la folie de Chantal Clos vient (sur le terme de folie, les experts, qu’on évoque à la barre par demi-douzaine, ne sont pas d’accord : psychose paranoïaque, décompensation anxio-dépressive, personnalité hystériforme…). Confrontée tout doucement à ses contradictions, acculée, Chantal Clos mêle imparfait et indicatif présent. Elle évoque un contrat sur sa tête. L’affaire Outreau. Sur l’ancien voisin qu’elle a faussement accusé d’attouchements sur sa fille : « Cet homme m’a offert un café, nu sous un peignoir ! » Puis : « J’étais couverte des crachats de mon voisin, alors que je ne lui avais rien fait ! » Ses mots deviennent incohérents : « Je me fais harceler par un homme qui est en toute puissance toute nue ! » Jamais Chantal Clos ne veut passer pour folle. Pour son avocat Me Maisonneuve pourtant, « cette histoire, c’est de la folie pure ». Aux jurés : « Vous avez la démonstration que la détention et ses soins n’ont pas l’effet escompté. Elle est incarcérée depuis trois ans et voilà le résultat. A la question "Chantal Clos est-elle irresponsable pénalement" [et doit donc être dispensée de peine pour être prise en charge dans un cadre psychiatrique, ndlr], je vous demande de répondre par l’affirmative. Ce n’est pas ce qu’elle veut, je trahis peut-être mon serment d’avocat. Mais je ne trahis pas ma conscience. »

Anouk, la fille, au contraire, parle peu. On le lui reprochera : peu de mots pour sa victime ou qui semblent récités, peu d’émotion quand elle évoque les faits. Elle comparaît libre. « Malgré les faits regrettables qui se sont passés, ça m’a permis d’être un peu plus libre, de m’occuper de moi. » Elle a passé ces dernières années chez sa tante et a parfaitement rempli les obligations de son contrôle judiciaire : études (un BTS négociation et relation clientèle), interdiction d’entrer en contact avec sa mère… Sauf pour le suivi psychologique. Un de ses psys a écrit : « Ces rencontres semblent subies. Aucun travail ne semble pouvoir être fait. » Elle tente d’expliquer, on l’entend mal : « Avec tous les psys que j’ai vu, petite… » Sur la séquestration, le Beretta, les coups, elle dit : « J’ai agi en automate, c’est comme si j’étais pas là. » Anouk n’a pas revu son père depuis ses 10 ans, « du fait de ces attouchements non reconnus par la justice », récite-t-elle. Me Olivier Morice la presse de questions, lui dit que, sans doute, elle n’a jamais été violée, elle répète d’une voix de petite fille butée : « J’affirme que ça s’est passé. » Pourrait-elle dire autre chose, quand toute son histoire s’est fondée sur cette accusation ? Quand le dimanche, sa mère l’emmenait dans une marche blanche contre la violence faite aux enfants avec une pancarte : « Papa m’a fait des guilis sur le minou et m’a dit de me taire » ?

« Un monstre ». « Avez-vous conscience que votre adolescence a été dévastée ? » demande encore un avocat des parties civiles. « Oui, mais ce n’est pas que la faute de ma mère. » Anouk ne prend peut-être pas conscience de la gravité des faits qu’elle a commis cette semaine de Noël 2009. Anouk n’a en tout cas pas conscience de la maltraitance qu’elle a subie. Anouk pleure. Pascaline Saint-Arroman Petroff s’agite sur son banc, se lève et crie avec emphase : « Et ma mise à mort ? Et ma mise à mort à moi ? » S’effondre en larmes sur son banc. Quand c’est enfin à elle de déposer, c’est surtout sur Anouk qu’elle s’étend. « J’ai très mal vécu la présence de cette jeune, sa méchanceté, sa froideur. Elle avait des gestes de brute, donnait des coups. Cette fille - excusez-moi c’est mon psy qui dit ça - était un monstre. »

Avant de l’emmener dans la forêt, les deux femmes ont revêtu des combinaisons blanches et des surchaussures. Avant de l’abandonner, ligotée, sur un tronc d’arbre, Chantal Clos lui a fait recopier un texte où l’avocate reconnaissait être « un membre actif de l’institution criminelle judiciaire ». Elle lui ont donné un Lexomil, raconte Pascaline Saint-Arroman Petroff pour l’aider « à se déstresser ».

L’avocate générale avait requis 12 ans de réclusion criminelle contre la mère, 5 ans contre la fille, laissant à la cour le soin d’apprécier la part de prison ferme. Le verdict est tombé vers 20 heures. Pour Chantal Clos, quinze ans de prison, assortis d’un suivi socio-judiciaire de huit ans. Pour Anouk, cinq ans avec sursis, dont trois ans de mise à l’épreuve et interdiction de voir sa mère.
Hier soir, Chantal Clos a regagné sa prison, où, récriminations après récriminations adressées aux responsables de détention, elle remplit encore des papiers.

Sonya Faure

Libération, 12 avril 2013

liberation.fr/societe/2013/04/12/un-duo-mere-fille-en-son-labyrinthe-de-folie-haineuse_895874

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Le 15 avril 2016, la Cour d’appel de Melun a confirmé la condamnation de Chantal Clos à 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’un suivi socio-judiciaire de 8 ans.

 



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