Hommes, je vous aime. Brigitte Lahaie (2009, extraits)


 

 

[Il y aurait beaucoup, beaucoup à citer dans cet ouvrage, tant il mérite bien son titre. Voici un choix subjectif. Il n’y a guère de divergences entre nous et Brigitte Lahaie, elle qui a refusé de choisir un sexe contre l’autre, elle qui se définit de manière si signifiante comme "une féministe tout contre les hommes".]

 

Hommes, je vous aime. Brigitte Lahaie. Anne Carrière, 2009 (extraits)

 

Sur son père :

Si j’ai eu besoin de parler à mon père, c’est sans doute parce que depuis sept ans que je communique avec les auditeurs, j’ai compris à quel point je me situais plutôt du côté des hommes. Je suis une féministe tout contre les hommes. (p. 12)

J’ai pleuré, longuement, silencieusement, religieusement, et j’ai accepté que jamais plus je ne pourrais entendre ta voix, que jamais plus tu ne me prendrais dans tes bras. Désormais, tu étais en moi, et je pouvais tout à loisir, dans les bras d’autres hommes, imaginer que tu me cajolais.

J’ai su ce jour-là que tu serais toujours présent en moi. Je pouvais te dire adieu, car enfin je me rendais compte à quel point tu avais été un vrai père pour moi. En partant, tu m’as permis aussi de découvrir que j’aime les hommes. Grâce à toi, j’ai appris à reconnaître leur sensibilité sous le masque, leur fragilité sous la dureté.

Merci, papa. (pp. 40-41)

Tu m’as apporté, papa. Je te dois mon intuition, mon imaginaire, mon sérieux, mais ce que tu m’as donné de plus fort, c’est cet amour des hommes, cette compréhension de la sensibilité masculine pourtant masquée par une cuirasse que ne renierait aucun Mérovingien !

Nous, les femmes, pensons trop souvent qu’un homme est fabriqué comme nous, nous attendons de lui la même empathie que celle de notre mère.

Grâce à toi, père si distant mais si présent dans mon coeur, j’ai appris dans mon coeur, j’ai appris à décoder les attitudes masculines, à me contenter de peu. Aujourd’hui j’ai admis que derrière une verge en érection, il y avait beaucoup d’amour et parfois même des torrents de tendresse. (pp. 42-43)

 

Sur l’affectivité des hommes :

Depuis plus de sept ans que j’anime cette émission, je me sens apte à faire un bilan sociologique des rapports homme-femme au sein du couple et j’affirme haut et fort que les hommes ont une vie émotionnelle aussi intense que les femmes ; ils n’expriment pas leurs émotions de la même manière, voilà tout. Il n’y a pas d’un côté les gentilles dames et de l’autre les vilains messieurs. (p. 52)

 

Sur leur sexualité :

C’est pourquoi notre admiration est si importante. Admirons leur virilité, leurs exploits même minimes, admirons leurs érections. Cela leur permet d’enfoncer leurs racines dans la terre. D’ailleurs, notre ventre, symboliquement, représente la terre. C’est dans la matrice que l’homme se ressource, et c’est sa semence qui nous apporte l’énergie pour avancer. (p. 75)

Or, l’homme est en relation immédiate avec son désir. Je l’envie parfois, cela doit être si agréable de sentir une part de soi réagir à la moindre sollicitation érotique, encombrant aussi, certes, mais au moins, eux savent à coup sûr lorsque le désir les envahit. Pour nous, tout est si complexe. Alors que nous avons besoin d’un peu de concentration pour sentir les émois qui se bousculent dans notre ventre, l’homme sait aussitôt qu’il a éprouvé une excitation. Il est capable d’avoir des érections sans même comprendre pourquoi. Plutôt que de stigmatiser les hommes et leur pénis en figure de proue, je préfère les aider à canaliser cette énergie somme toute plutôt positive. Un homme qui bande est un homme en vie. En acceptant cette évidence, il sera ensuite possible pour tout le monde d’avancer et qu’hommes et femmes s’entendent sexuellement. Ainsi, il ne s’agit pas de stopper cette érection, mais de l’accepter. Ne castrons pas l’homme, aidons-le à devenir plus humain et moins bestial. (p. 96) 

 



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