Quand les hommes parlent. Patrick Guillot. Le Souffle d’or, 2002


 

 

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Il en existe une traduction en espagnol, réalisée par Ana Maria Vidal, publiée en 2008 chez un éditeur en sciences humaines barcelonais, Icaria, dans une collection consacrée à l’évolution de l’identité des sexes. Le titre en est Cuando los hombres hablan.
 
 
Ce livre est le premier et à ce jour le seul à traiter, de l’intérieur, grâce à des témoignages, de l’aventure du Réseau Hommes et de ses groupes. Voici les diverses analyses qui en ont été faites.
 

 

 Guy Corneau

A toutes les fois que j’ai commencé un atelier de croissance pour hommes seulement, j’ai souhaité que d’autres personnes puissent y assister. J’ai désiré que d’autres hommes, des femmes et des enfants soient témoins du fait qu’après seulement quelques heures de contact, des hommes réputés "sans cœur" ou incapables de s’exprimer soient plongés dans l’authenticité de l’émotion. Cette parole venue du cœur des hommes, c’est celle que Patrick Guillot fait entendre avec éloquence dans son livre Quand les hommes parlent... Il s’est appliqué à rendre fidèlement, et dans leurs propres mots, les tâtonnements, les audaces et les découvertes d’une quinzaine d’hommes impliqués dans des groupes de parole. Cette vérité du langage rend son compte rendu des plus précieux. Il nous permet de mieux comprendre la souffrance des hommes, leurs aspirations et leurs difficultés. Il nous redonne de l’espoir et nous permet de penser qu’il n’est pas si loin le jour où ils pourront secouer le joug du silence pour assumer pleinement leurs sentiments. Je souhaite que tous ceux qui ont à cœur l’intimité entre les hommes et les femmes lisent ce livre parce que quand les hommes parlent d’eux, la vérité est au rendez-vous.

Avant-propos. Guy Corneau est le fondateur du Réseau Hommes Québec.

 

Claude Paturel

Patrick, du Réseau Rhône-Alpes, a voulu écrire un livre sur les Réseaux d’hommes en France. Il a mené son projet jusqu’au bout en le faisant préfacer par Guy Corneau puis en trouvant un éditeur. BRAVO !

Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir et surtout beaucoup d’émotion.

Le point fort de ce livre me paraît être les témoignages de 15 hommes de toute la France qu’il contient, entremêlés, qui se complètent et se renforcent. Ces hommes auraient d’ailleurs aussi bien pu être belges, suisses ou canadiens.

J’ai eu en le lisant l’image d’une corde, composée de fibres tressées. J’y ai retrouvé toute l’émotion de ces bientôt 10 années de vie de groupe d’hommes, des choses que j’aurais pu dire, d’autres que j’aurais aimé dire, cette sensation d’un vécu si pareil au mien, avec toutefois une diversité proche de l’infini. Cette blessure continue du manque de père, cette recherche de l’intimité,de l’authenticité, ce besoin de se confronter à d’autres énergies masculines, la fragilité, la difficulté de garder ou de se réapproprier sa part nécessaire d’agressivité sans se blesser mutuellement.

C’est bien écrit. La difficulté était de retranscrire ces moments fugaces des années après et l’exercice est réussi. Les expériences sont racontées de façon très vivante. C’est riche de difficultés surmontées, d’échecs et de réussites dont on peut toujours avoir l’illusion qu’ils seront utiles à d’autres. il y a en tous cas de nombreuses idées d’exercice et de thèmes avec ce qu’ils ont amené aux participants, de possibilités pour aider un groupe à rebondir, à trouver un nouvel élan ou à élargir son horizon.

Pour ceux qui auraient la tentation de se replier uniquement dans le chaud cocon de leur groupe (ce qui est souvent au moins un passage utile sinon obligé), ce livre montre bien aussi l’intérêt et l’apport possible du Réseau.

Je dois dire pour être cohérent avec moi-même que je ne partage pas tous les point de vue par rapport à ce qui est écrit sur les modes de structuration des groupes du réseau mais ce n’est pas forcément important. Ce livre est fédérateur et fait maintenant partie de notre patrimoine commun. Donc : A LIRE ABSOLUMENT.

Continu’hommes n°8, mai 2002. Claude estmembre du Réeau Hommes Ils-de-France.

 

André Paré

Au printemps paraissait aux éditions Le Souffle d’or un magnifique volume de Patrick Guillot du Réseau Hommes France, Quand les hommes parlent. Il a longuement interviewé neuf hommes du réseau Hommes France, et, dans un texte théorique agrémenté de témoignages émouvants, il nous fait pénétrer dans l’univers d’un groupe d’hommes. L’ouvrage est profond, émouvant, et il retrace à peu près toutes les problématiques que les hommes abordent au long terme dans leurs groupes. Un livre incontournable où l’on se retrouve, et où l’on comprend ce que les hommes font et disent lorsqu’ils se retrouvent entre eux.

www.autonhommie.org, 2003

André Paré est l’un des animateurs de l’association québécoise Autonhommie.

 

François Camus

Dernièrement j’ai eu le plaisir de lire "Quand les hommes parlent... Enquête dans les groupes d’hommes (1993-2000)". Ce livre a été écrit par Patrick Guillot, l’un des premiers membres des réseaux hommes en France. J’ai eu un grand plaisir à lire ce livre car il reflète très fidèlement les activités de nos groupes. Sans prétendre représenter tous les groupes, ce livre me semble refléter ce que j’ai vécu personnellement et ce qui m’a été rapporté part d’autres hommes et par des bénévoles impliqués dans le démarrage et le soutien des groupes.

Dans ce livre, Patrick a effectué des entrevues avec quinze hommes participant dans des groupes de diverses régions en France. Ces hommes ont une expérience de plusieurs années dans un seul groupe ou dans plusieurs groupes. Ils viennent de neuf groupes différents. Il les a écoutés lors d’entretiens qui ont duré plusieurs heures, en au moins deux phases. Il les a interrogés sur leurs motivations à participer dans un groupe d’hommes, le déroulement de leurs activités, les thèmes abordés et les bienfaits qu’ils en retirent.

Le livre débute en présentant une évolution de la condition masculine qui a mené à la naissance de groupe d’hommes tels que ceux que l’on retrouve au sein du RHQ. Il y est question de la fin des espaces masculins traditionnels, de la séparation des tâches agricoles et industrielles à l’intégration des femmes sur le marché du travail. On y parle de divers types de groupes tels que les clubs orientés vers la tâche ou l’action, des clubs sociaux ou des clubs sportifs, des groupes maintenant une distanc affective entre les hommes à l’émergence de groupes qui tentent de briser les stéréotypes, axés sur la relation, l’intimité affective. Patrick présente la différence entre les "hommes roses" particulièrement influencés par le féminisme qui eux reprennent les images de la femme-victime et de l’homme-bourreau et qui recherchent des changements sociaux, et les groupes d’hommes dont l’idéologie vise à créer des conditions favorables à ce que leurs membres puissent changer de l’intérieur. Patrick distingue les groupes d’hommes autogérés des groupes thérapeutiques animés par des professionnels. Finalement on y présente comment Guy Corneau en est venu à créer des groupes et les règles de fonctionnement des groupes.

Patrick rapporte que les motivations des hommes semblent toujours les mêmes : le manque physique ou psychologique de père, le silence affectif, la distance affective, l’isolement affectif, l’absence d’amour ou ne pas avoir reçu d’expression d’amour de la façon dont on aurait espéré le recevoir ; le besoin de partage de leur sensibilité et de leur vécu affectif ; des pères qui ont projeté une image négative, faiblesse, autorité, violence ; absence d’initiation à la vie masculine affective.

Le livre parle de la distance affective des hommes. Les frères étrangers, les rapports de force, la compétition, la frime et la vantardise, amis qui ne partagent pas leur intimité, le silence des hommes sur leur vie intérieure et leur vie affective. Les hommes n’ont pas appris comment s’exprimer. Ils sont aussi persuadés que cela n’intéresse pas les autres hommes, il n’existe pas de cadre pour retrouver d’autres hommes qui partagent les mêmes aspirations. Peur d’exprimer son besoin et de l’exprimer aux autres. Le besoin de retrouver les préoccupations de son propre sexe. Obtenir la reconnaissance et la valorisation de la part d’autres hommes.

On y décrit le besoin, la recherche et la découverte des groupes d’écoute et de parole pour les hommes, puis on y décrit le cheminement de ces hommes au sein de leur(s)groupe(s) :

- la soirée d’information ou d’initiation. Les malaises de se rendre à la réunion. Le questionnement intérieur. Le doute. Les parrains qui partagent leur expérience. Les nouveaux venus qui parlent de leur recherche et de leur besoin. L’intimité instantanée.

- le début des rencontres. L’exercice des phrases à compléter. L’expérience de la ligne de vie. Le sentiment extraordinaire d’être écouté, d’avoir l’attention totale d’autres hommes. L’effet magique de cette écoute et de cette rencontre avec d’autres hommes qui partagent la même sensibilité.

- la vie des groupes à long terme. On y parle des divers thèmes abordés : blessures d’enfance, père, mère, identité masculine, travail, ambition, relation au corps, sexualité, amour, femmes, couples, émotions, sentiments. les mode d’échange par la parole, le silence, l’écriture, et les activités physiques. L’atmosphère qui y règne : lieu d’expérience et de quête, intimité, intensité, authenticité qui garantit à chacun une expression libre et complètement reconnue, l’impression de communion par la résonance qu’elle suscite. On y traite des conditions favorisables et défavorables à la durée de vie des groupes.

Patrick Guillot souligne les bienfaits que les hommes retirent de la participation à leur groupe : découverte du père, réconciliation avec le père, découverte de soi, rapprochement avec les enfants, le/la conjoint/e, les parents, reconstruction ou séparation des couples, adieu à la honte de la sexualité, découverte de l’homosexualité, etc.

Le livre est merveilleusement appuyé de témoignages touchants dont je me permets de citer quelque passages.

"Tous les quinze jours on se retrouve à huit, et c’est fermé, secret. Et là on peut dire tout ce qu’on n’a jamais dit, ressentir tout ce qu’on n’a jamais ressenti auparavant." Jean-Patrick
"Quand un homme se met à parler avec son coeur, quand un homme quitte son armure pour oser montrer sa vulnérabilité, dans ces moments-là je ressens une telle émotion. je sens que mes yeux sont envahis, je ressens un certain apaisement, je sens que je peux accueillir." Jean-Marie
"J’ai entendu les histoires des autres, j’ai découvert que je n’étais pas le seul dans mon cas. A quarante-sept ans, j’ai réalisé que les hommes avaient besoin de parler d’eux-mêmes, et voulaient parler." Gérard
"Dans le groupe nous avions peur tous les deux. Dans sa peur, je voyais ma peur et c’est ça qui m’irritait." Bertrand
"Je suis venu pour réfléchir sur moi et me construire" Michel
"Il trouve chez d’autres [les membres du groupe] la démonstration que l’on peut être homme tout en étant fragile."
Développer le sentiment de ne plus être seul lorsqu’on entend "Pour moi c’est la même chose."
"Il y a eu beaucoup de surprise, mais aucun jugement, aucun conseil, ni aucune tentative de me rassurer. C’était come ça. Chaque fois j’avais l’impression d’être libéré de poids immenses". Après j’ai demandé à mon groupe : "Est-ce que j’ai l’air anormal ? Est-ce que ça se voit sur mon visage ? ce à quoi ils ont répondu que j’avais plutôt l’air épanoui. (...) Ca m’a apaisé : tout n’était pas perdu, j’étais capable de prendre un autre chemin."
"J’ai rencontré différents profils d’hommes qui me donnent envie d’en être un. Donc j’ai trouvé le désir de vivre, j’ai envie de continuer ma vie." Albert
"...ce que je ressentais moi, si j’étais heureux ou malheureux, si je souffrais ou non, cela n’existait pas" Pierre
"La fois suivante, il nous a expliqué qu’il avait senti monter en lui une violence extrême, qu’il avait été tout près de passer à l’acte, et que depuis il était très perturbé : il ne voulait pas prendre le risque de réveiller cette violence, il décidait... de quitter le groupe."
"...j’avais fait en sorte de ne pas voir la violence qui était dans ma vie." Xavier
"J’avais faim d’une figure masculine exemplaire. Souvent il arrivait que je rencontre des hommes de qualité : je les regardais avec admiration, avec envie, avec un regard de fils. Par exemple un prof de philo, puis un homme versé dans la recherche spirituelle. Mais c’était une relation surtout dans l’imaginaire : ce que j’imaginais d’eux n’avait rien à voir avec le réel. Je les voyais comme des êtres supérieurs. Je n’arrivais pas à entrer en contact avec eux. J’éprouvais une timidité, un sentiment d’infériorité gigantesques." Jean-Patrick
"Dans la vie courante, dès qu’on arrête deparler, l’autre prend la suite. Le bâton de parole m’a beaucoup aidé à prendre ma place. Tant que je l’avais, si je m’arrêtais de parler, je pouvais garder un temps de silence, sans être interrompu, et ensuite je pouvais reprendre. Et quand je reprenais, en général, c’était plus profond..." Valéry

Je dis bravo à Patrick Guillot d’avoir réussi un si bel ouvrage. Un livre à lire, un livre qui nous ressemble. Pour savoir ce qu’il se passe dans d’autres groupes. A lire pour soi, pour le plaisir de lire un reflet de ce que nous sommes. A donner en cadeau à tous ceux et celles qui désirent connaître ce que nous sommes et ce que nous faisons. A lire pour tous les hommes qui s’interrogent sur la possibilité de se joindre à l’un de nos groupes et qui désirent en connaître davantage.

Bulletin RHQ, volume 10, n°2, avril 2003

François Camus est l’un des membres fondateurs du RHQ ; il a occupé successivement plusieurs postes dans le Comité de coordination, dont celui de président.

 

 

 

 



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